Troubles spécifiques des apprentissages

1. La dyscalculie

La dyscalculie est un trouble persistant et spécifique de l’apprentissage du nombre et du calcul qui se caractérise par de grandes difficultés dans le domaine des mathématiques. Les enfants qui souffrent de ce trouble ont de la peine à traiter les nombres (reconnaître et produire les chiffres, passer de l’oral à l’écrit, etc.), à mémoriser les tables (addition, soustraction, multiplication et division), à calculer (difficultés à effectuer de simples opérations qu’ils peuvent confondre les unes avec les autres) et à comprendre ce qu’est un nombre (comprendre le lien entre le symbole et la quantité) et la logique arithmétique.

Les manifestations
  • Difficulté lors du dénombrement et utilisation fréquente des doigts ou autres objets pour compter
  • Difficulté à lire et à écrire des nombres (lire 26 pour 62, écrire 707 pour 77, lire 6 pour 9, etc.)
  • Difficulté à effectuer des opérations arithmétiques
  • Difficulté à retenir les tables de multiplication
  • Difficulté à saisir et à utiliser les termes mathématiques (la différence, la somme, la quantité, plus que, moins que, deux fois plus que, etc.)
  • Difficulté à comprendre les énoncés de problèmes mathématiques
  • Difficulté à gérer l’argent
  • Orientation visuo-spatiale souvent déficitaire (difficulté à s’orienter dans l’espace)
  • Problèmes en géométrie

2. La dyslexie

La dyslexie est un trouble développemental qui perturbe l’apprentissage du langage écrit chez un enfant intelligent ne présentant ni trouble sensoriel, ni trouble psychologique, ni carence socio-culturelle grave. Ce trouble affecte la vitesse et la précision en lecture. Il engendre donc souvent une lecture imprécise qui nuit grandement à la compréhension. Ces atteintes s’accompagnent toujours de difficultés en écriture, correspondant souvent à un trouble de l’écriture (dysorthographie) qui peuvent rendre très ardu le cheminement scolaire de ces jeunes partout où la lecture et l’écriture sont sollicitées (français, mais aussi mathématiques, sciences, histoire, etc.).

Il faut savoir que les enfants qui présentent ce trouble ont malgré tout de grandes forces cognitives sur lesquelles ils peuvent s’appuyer afin de développer des stratégies de travail pour compenser leurs lacunes.

La dyslexie peut être de plusieurs types selon les fonctions cognitives touchées en jeu dans la lecture :

  • 1. Dyslexie phonologique (voie d’assemblage)
  • 2. Dyslexie lexicale (voie d’adressage)
  • 3. Dyslexie mixte
Les manifestations
  • Omission, substitution et inversion de sons dans les mots (ex.: page pour plage, poulet pour poulain, foule pour flou)
  • Confusion entre les lettres miroirs (b/d, p/q) et les sons proches (ch/j, d/t)
  • Difficultés importantes au niveau du décodage (lecture lente et saccadée)
  • Devine parfois les mots en se fiant aux premières lettres ou encore en se fiant au sens de la phrase
  • Difficulté à reconnaître les mots dans leur ensemble
  • Difficulté à lire les mots irréguliers (ex.: monsieur, fils, femme, etc.)
  • Saute les petits mots de relation et de liaison dans les phrases
  • Compréhension de lecture difficile puisque l’enfant est centré sur le décodage
  • Grande fatigabilité lors d’une tâche de lecture

3. La dysorthographie

La dysorthographie est un trouble persistant de l’acquisition et de la maîtrise de l’orthographe. Il affecte principalement l’apprentissage et l’automatisation de la correspondance phonème graphème (correspondance de l’unité sonore à son unité écrite) ainsi que la capacité à se représenter visuellement l’orthographe des mots.

Ce trouble d’apprentissage engendre fréquemment des omissions (), des inversions et des substitutions de lettres et/ou de syllabes () dans les mots écrits.

De façon générale, les troubles de l’orthographe sont souvent plus sévères, mais surtout persistent plus longtemps que les difficultés en lecture. Néanmoins, un enfant peut être affecté d’un trouble spécifique de l’orthographe sans qu’il n’y ait de trouble de la lecture.

Les manifestations
  • Ajout (ex : fragiler pour fragile), omissions (ex : fagile pour fragile), substitutions (ex : vragile pour fragile), inversions (ex : fargile pour fragile)de lettres ou de syllabes à l’intérieur des mots
  • Difficulté à respecter l’entité des mots (ex.: lajout pour l’ajout, unabit pour un habit)
  • Orthographe grammaticale souvent très faible (accord dans le groupe du nom, respect de la conjugaison des verbes, etc.)
  • Orthographe d’un même mot qui varie d’un endroit à un autre (enfan, anfan, anfent)
  • Calligraphie irrégulière et malhabile

4. Trouble spécifique du développement du langage oral (dysphasie)

Le trouble spécifique du développement du langage oral (TSDLO) est un trouble développemental durable qui affecte la compréhension et/ou l’expression d’un message verbal. Il n’est pas la conséquence d’un manque de stimulation, d’un déficit sensoriel, par exemple auditif, ni d’une déficience intellectuelle. Au contraire, ces enfants ont un désir de communiquer et présentent souvent une intelligence normale. Ce trouble du langage peut avoir des répercussions dans plusieurs sphères de la vie de l’enfant puisque ce dernier peine à s’exprimer et à comprendre tout ce qui a trait au langage.

Les symptômes

Il existe cinq grands types de dysphasie dont les manifestations sont très hétérogènes. Nous avons donc tenté de répertorier ici des manifestations fréquemment observées chez les enfants qui présentent ce trouble (liste non exhaustive).

Au niveau réceptif (compréhension du langage) :

  • La compréhension du vocabulaire est restreinte
  • Les mots abstraits lui sont difficiles à comprendre
  • L’enfant ne comprend ni ne différencie tous les mots questions (par exemple : où, quand, comment, pourquoi, etc.)
  • Il a de la difficulté à comprendre les énoncés longs et complexes
  • Les messages sont souvent compris au pied de la lettre (sans nuance)

Au niveau expressif (expression du langage) :

  • L’utilisation et l’organisation des sons peuvent être inadéquates à l’intérieur des mots
  • L’enfant souffre d’un manque du mot (difficulté à trouver le mot exact)
  • Il sur utilise les mots de remplissage (par exemple: chose, affaire, truc, etc.)
  • Sa construction de phrases est atypique (par exemple: utilisation du verbe avant le sujet)
  • L’enfant présente plusieurs hésitations/pauses dans son discours
  • Il a de la difficulté à définir un concept ou une idée verbalement
  • Il utilise mal ou omet les mots de liaison

5. La dyspraxie

La dyspraxie est un trouble développemental qui affecte le contrôle, la coordination et la planification d’un geste moteur volontaire dirigé vers un but.

Les manifestations

Au quotidien :

  • Difficulté à effectuer les petits gestes du quotidien (s’habiller, lacer ses chaussures, se moucher, utiliser une clé, couper des aliments, etc.)
  • Difficulté à assembler des objets (casse-tête, Lego, Meccano, etc)
  • Peu d’attrait pour le dessin (dépasse dans les coloriages)
  • Difficulté à s’orienter dans l’espace, sur une feuille, dans un plan, sur une carte, etc.
  • Chutes et maladresse souvent observées
  • Pauvreté dans la précision des gestes
  • Malhabile dans certaines activités sportives (saut à la corde, jeux de balles et ballons, danse)
  • Hypersensibilité ou hyposensibilité au toucher
  • Difficulté de latéralisation (difficulté à reconnaître la gauche et la droite)

En contexte scolaire :

  • Mauvaise préhension du crayon
  • Calligraphie parfois illisible
  • Un tracé difficile pour certaines lettres
  • Productions écrites mal organisées sur la feuille
  • Apprentissage difficile des algorithmes mathématiques (suite d’opérations permettant de donner la réponse à un problème)
  • Difficulté en géométrie

L'enfant souvent brillant à l'oral est considéré comme maladroit, immature, paresseux et ne s’appliquant pas à la tâche alors qu’au contraire, les ressources cognitives qu’il déploie pour accomplir de simples gestes sont immenses comparativement aux autres enfants de son âge. Après avoir déployé tous ses efforts et mobilisé toute son attention sur la production de certains gestes, il ne lui reste souvent plus d’énergie pour rester concentré sur la tâche.

6. Le syndrome de dysfonction non-verbale

Le syndrome de dysfonction non-verbale (SDNV), récemment mis en évidence par les neuropsychologues, présente de multiples manifestations dans différentes sphères : scolaires, cognitives et sociales. Dans la vie scolaire, ce trouble d’apprentissage touche de façon plus spécifique les mathématiques; cependant les enfants qui en sont atteints sont généralement plus marginalisés par leur mésadaptation socio-affective que par leurs difficultés scolaires. Comme son nom l’indique, ce syndrome affecte principalement les habiletés non-verbales de la personne telles que l’analyse et le raisonnement visuo-spatial, l’attention et la mémoire non verbales, mais aussi l’expression et l’interprétation d’émotions.

Les manifestations

Le SDNV est un syndrome dont les caractéristiques sont de nature et d’intensité variable. Nous répertorions ici des manifestations fréquemment observées chez les enfants d’âge scolaire même si tous ces signes ne sont naturellement pas toujours identifiables simultanément chez tous les enfants atteints.

Sphère scolaire :

  • Difficultés grapho-motrices
  • Fautes d’orthographe qui sont presque exclusivement de nature éidétique, c’est à dire qu’il se fie à la prononciation (le son) et non à l’orthographe réelle du mot (ex.: “oto” = “auto”)
  • Difficultés en mathématiques, généralement plus au niveau procédural qu’en calcul mental
  • Il se fie beaucoup au langage pour apprendre et obtenir des informations sur ce qui l’entoure plutôt que d’expérimenter par lui-même en touchant ou en regardant. Il pose donc beaucoup de questions

Sphère cognitive :

  • La motricité fine peut se développer plus lentement que ses pairs
  • L’attention et la mémoire visuelles sont habituellement moins efficaces que l’attention et la mémoire auditivoverbales

Sphère sociale :

  • Il parvient difficilement à faire semblant, à mimer sans parler. Il peut avoir des comportements non verbaux inappropriés ou absents (ex.: mauvaise posture, manque d’expression faciale et corporelle, intonation monocorde, etc.)
  • Il parle beaucoup et souvent de façon inappropriée au contexte

 

 

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